Coucou, vous avez dit coucou ? (Arty Show 2)

Cela fait un certain temps que je voulais écrire un article sur le « coucou Suisse ». La première fois que je suis venue à Genève, en train, je suis sortie de la gare et je suis tombée sur une vitrine pleine de coucous suisses et de couteaux suisses et je me suis dit que ce n’était pas une légende. Puis, en marchant un peu plus loin, j’ai compris que faire plaisir aux touristes c’était une chose, que les vitrines de Genève c’était autre chose. Et voilà que lors des Design Days, je tombe nez à nez, ou plutôt nez à bec avec des coucous, ceux repensés en différentes strates, différents plans de bois de Swiss Koo puis ceux avant-gardistes de l’exposition « Dessine-moi un coucou ! » orchestrée par des étudiants de la HEAD-Genève (Haute Ecole d’Art et de Design), Claudio Colucci (Et oui, ce célèbre designer est Suisse !), Fabio Colucci et Matthieu Bassée. Comme leurs classiques ancêtres, ces coucous contemporains revisités racontent une histoire (Swiss Paradise celle du secret bancaire et Peeping Clock (avec une base d’iPad) des caméras de surveillance – CC Timer nous renvoie aux bruits de notre quotidien – Le Sémaphore permet de prendre la mesure du temps qui passe avec son rouleau déversé au sol, tandis que la Bird Cage Clock ramène cette mesure à l’essentiel, avec son mécanisme autonome qui nécessite une attention digne d’un animal de compagnie – Coucou Genève raconte des scénettes bucoliques ou urbaines – Coucou bijou évoque la miniaturisation et la précision suisse, souvent liée à l’art de la joaillerie). Et bien ententu ils donnent l’heure, rythmée par un chant régulier propre à chacun. Cette coucouphonie restera à Genève jusqu’au 13 octobre avant de parcourir le monde, et d’un coup d’ailes ira se poser en tout premier à Paris, à la Fondation Suisse au coeur du Pavillon Le Corbusier, du 8 novembre au 8 décembre !

Et maintenant, une coucourte page d’histoire ! Le coucou suisse, objet emblématique du travail méticuleux et précis auquel on associe les suisses n’est en fait pas suisse !!! Tout comme le beret basque n’est pas basque mais béarnais !!! (Je vous invite à relire mon article dans le magazine Esprit d’ici N°4… voilà, la minute promo, ça c’est fait 😉 ) Revenons donc à nos moutons, enfin à nos coucous. Cette pendule a été inventée en 1738 en Forêt Noire, dans le sud de l’Allemagne. A Schönwald (qui en traduction veut dire « Belle Forêt ! ») se trouve d’ailleurs toujours le plus important centre de production de coucous !!! Si le coeur-coeur vous en dit, coucourez-y ! (oui, je sais, je ne peux pas m’en empêcher, même si c’était un peu coucouru d’avance 😉 ). Le modèle traditionnel a lui été défini vers 1850. Alors deux questions vous brûlent les lèvres ! (Si si, je vous assure, elles vous les brûlent) : Pourquoi cette pendule à balancier coucoute-t-elle ? Et bien parce que le cri du coucou était facile à réaliser avec des moyens mécaniques simples ! Sinon, on aurait pu avoir une marmotte qui aboie, car même si elle siffle on dit qu’elle aboie ou un cerf qui brame, hein, pourquoi pas ? Et on combinait ça avec un carillon bien classique. Et comment cet objet est-il devenu emblématique de la Suisse ? (Ca c’était la 2e question qui vous brûlait) Parce que ses décors champêtres d’une vie idéalisée dans les alpages, nostalgiques des années d’avant la révolution industrielle et économique, rappelaient aux yeux des touristes les Alpes suisses indifférentes aux changements. Et puisqu’ils excellent dans l’art de la mécanique de présicion, on peut dire que le coucou leur va comme un gant.

 

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