Rue Populaire et alternative

En flânant le nez au vent, un petit air parisien m’a sauté aux yeux. Boutique façon « Caravane » (la jolie marque, pas la roulotte hein !), rue entre Bastille, Belleville et le Marais, jeunes artistes aux looks originaux prenant un apéro dans la rue, pas du typique Genève, on sort des sentiers battus et des clichés et ça fait du bien !

 

Rive droite, proche de la gare Cornavin, la rue Lissignol (du nom d’un bienfaiteur de la ville) est créée en début de l’année 1896, soit une petite petite jeunette à l’échelle d’une ville comme Genève. Elle prend son apparence actuelle en 1900. De l’aveu même des pouvoirs publics de l’époque, la construction de la rue est de facture «solide mais très simple». Du fait de sa conception et de sa réalisation, il est donc inscrit dans la pierre que la rue Lissignol sera vouée aux revenus modestes, aucun des logements «hygiéniques» bon marché de Lissignol ne comprend de salle de bains ! Dans le quartier depuis le XVIe siècle se sont installés petits métiers de l’horlogerie genevoise, péclotiers (ouvriers horlogers), gratte-laitons (ouvriers graveurs) et monteurs de boîtes, ils investissent donc également la rue à sa construction. Dans la rue habitent des Vaudois, des Valaisans et surout des Fribourgeois. En témoignent les enseignes de nombreux bistrots, dont certains existent encore: Café de la Sarine, du Chamois, de la Broye et de la Bruyère.
En 1980, la ville loue trois allées à des entreprises qui emploient des travailleurs saisonniers. Les ouvriers s’y entassent à six par chambre. Surpeuplés, vétustes, toujours sans salles de bains, les immeubles se dégradent. Le quartier de Saint-Gervais est voué à être démoli et reconstruit… Mais cette folie des grandeurs retombe comme un soufflé. La rue Lissignol se remplit de squatteurs du quartier mis à la porte. En 1989, dans ces anciens immeubles pour saisonniers arrivent de nouveaux locataires et avec eux une nouveauté pour Genève, le bail associatif.

Puis en 2010, l’Art descend dans la rue… BAZ’ART, plateforme de création contemporaine pluridisciplinaire, opérant pour une diffusion artistique urbaine vivante, ouverte et démocratisée, transforme la rue Lissignol en un heureux espace indiscipliné. La vie de quartier et le dynamisme en terme d’action civique (intempestive !) pour la cohabitation solidaire en font aujourd’hui un îlot urbain inédit à Genève, sinon un modèle d’habitat communautaire en ville, où il se passe toujours quelque chose, dehors comme dans les cours cachées ou les appartements… Son aspect change donc régulièrement !

 

4 réflexions sur “Rue Populaire et alternative

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