Ma rencontre avec Zep, le père de Titeuf

Pour ma première interview sur le blog, j’ai jeté mon dévolu sur un genevois pure souche, et pas des moindres. Un genevois connu dans le monde entier, mais qui n’est pas Jean-Jacques Rousseau ! J’aime mettre la barre haute. Et Jean-Jacques n’était pas dispo. Quand j’avais fait mon premier post sur lui ici, je n’avais encore jamais pensé le croiser un jour. J’ai rencontré Zep lors d’un événement organisé par Caran d’Ache, les célèbrissimes crayons Swiss Made (et feutres, craies, stylos, plumes, gouaches…) avec qui il a collaboré pour une chouette collection en série limitée de jolies boîtes de crayons, craies et pastels, décorées de dessins exclusifs « Titeuf loves Caran d’Ache » à retrouver ici. Je ne manquerai d’ailleurs pas de vous faire prochainement un article sur cette manufacture incontournable. Lors de ce lancement presse (un rêve pour moi, étant donné ma passion pour le dessin et la calligraphie), Zep a très gentiment accepté de répondre à mes questions et même au delà. La petite interview (la seule qu’il ait accordée !) s’est rapidement transformée en longue discussion très sympathique et détendue. J’étais pourtant bien intimidée j’avoue. Rencontre avec un homme talentueux mais néanmoins généreux et abordable et qui sait encore prendre le temps, sans se prendre la tête.

Qui est Zep ? Petit rappel condensé

Philippe Chappuis, dessinateur suisse né en 1967 à Onex sur le canton de Genève, et père du très célèbre Titeuf depuis plus de 20 ans. Zep, en hommage à Lep Zeppelin of course. En quelques chiffres, ça donne : plus jeune dessinateur à gagner le grand prix d’Angoulême, 13 tomes de Bande dessinée du personnage à la touffe bananesque blonde, 20 millions d’albums vendus dans 50 pays, un « Guide du Zizi Sexuel » phénomène ludo-éducatif traduit en 30 langues et depuis cette année en lituanien, les albums des Chronokids, les Mini Justiciers (avec Hélène Bruller) entre autres personnages, des bandes-dessinées pour un public plus adulte comme « Happy Sex », ou « Une histoire d’hommes », sortie il y a quelques mois. Et un Titeuf qui se décline en produits dérivés, des chaussettes aux dessins animés, série télé et un long-métrage, en passant par la Bibliothèque rose. Depuis avril et jusqu’au 28 septembre 2014, c’est également une exposition au Quartier Libre SIG, sur le Pont de la Machine à Genève, « Eurêka ! » conçue en partenariat avec le dessinateur, Stan & Vince, auteurs de la bande dessinée « Les Chronokids ». L’expo propose de voyager dans le temps avec les héros Adèle et Marvin à la découverte des plus belles inventions de l’Histoire… et de leurs célèbres créateurs.

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Bonjour Zep, à quel âge êtes-vous « tombé » dans la Bande Dessinée ?

Mes premières lectures étaient des BD, j’ai commencé par les recopier dès mes 4 ou 5 ans, dans ma tête c’était la copie exacte alors que ça devait ressembler à des « Monsieur Patate » (rires) et dans les bulles je faisais des gribouillis puisque je ne savais pas encore écrire. J’ai toujours voulu faire ça, je ne me rendais pas compte de ce que ça supposait, mais ça ne m’a pas quitté.

Vous êtes surtout connu du grand public et des enfants grâce à Titeuf. Alors Titeuf, encore longtemps ? 

Plus j’y pense, plus je me dis « Titeuf toujours ». Il y a toujours d’autres projets entre les albums de Titeuf, mais c’est toujours un plaisir de le retrouver. J’ai du mal à imaginer ne plus dessiner Titeuf.

Que pensez-vous de l’idée de ces parents français de l’Oise qui ont voulu appeler leur fils Titeuf ? En 2012, la loi a interdit ce prénom, ils avaient fait appel jusqu’en Cour de Cassation mais ils ont conclut que quoiqu’il arrive, au quotidien, ils l’appelleraient quand même Titeuf…

On m’a beaucoup parlé de cette histoire, en pensant que je pouvais être fier. Ca me touche, mais non il ne faut pas faire ça ! Il ne faut pas naître avec le nom de quelqu’un qui a déjà une histoire propre. Il faut appeler son chien ou son hamster Titeuf ! C’est débile, ce n’est pas un prénom, il faut faire le distinguo entre ce qu’on veut donner à son enfant et ce qu’on aime par ailleurs.

Vous êtes né à Onex près de Genève, en quoi vous sentez-vous Suisse ?

Je suis profondément suisse quand je suis à l’étranger comme quand je suis à Paris mais quand je suis en Suisse il y a plein de choses qui m’horripilent ! (rires) C’est typiquement suisse ça ! Le suisse est très fier même si ça ne marche pas, comme avec ce gouvernement parfaitement démocratique, c’est très bien mais ça marche lentement. Et parfois ça devient regrettable, comme lors des dernières votations sur l’immigration. On a dit aux gens que les étrangers allaient prendre leurs emplois, les suisses sont protecteurs mais pas racistes dans la vie, ils ont voté non et par exemples le CERN a perdu de grosses subventions et donc ce sont des emplois suisses en moins, les étudiants suisses ne peuvent plus aller étudier une année à l’étranger… c’est très dommage. Souvent on nous demande notre avis sur des sujets qu’on ne comprend même pas ! C’est le revers de cette médaille où le peuple choisit. Le suisse ne râle pas sur ce qui ne fonctionne pas puisque c’est lui qui a voté ! La Suisse c’est un bocal magnifique sous cloche de verre, mais parfois on aurait besoin de respirer. Genève, c’est particulier, c’est une ville où se mélangent des gens très riches et des gens pauvres, toutes sortes de nationalités et de cultures et c’est quand même petit donc tout est concentré. Par rapport à Paris, c’est comme si le 7e arrondissement était collé à Barbès, le tout sur une surface équivalente à un seul arrondissement. 

Vivez-vous toujours en Suisse ?

Oui, à Genève, une grande maison au calme où je vis et travaille.

Dans quel(s) autre(s) pays aimeriez-vous vivre ?

Plein ! À New-York, en Norvège, en Inde, en Islande aussi. Je vis déjà en partie à Paris aussi, dans le Marais. Et je me verrais bien aussi au fin fond de la montagne dans le Valois. Peut-être quand je serais plus vieux et que mes enfants seront plus grands, mes enfants sont à Paris et à Genève, les plus petits, je ne me vois pas m’éloigner d’eux.

Comment est née votre collaboration avec Caran d’Ache ?

Depuis que Titeuf est né, en 1992, j’avais envie qu’il se retrouve sur les légendaires boîtes de crayons ! Cela fait 10 ans qu’on en parle, c’est long à organiser, voilà le projet s’est enfin concrétisé.

En tant que dessinateur, je suppose que vous avez déjà utilisé /utilisez encore des produits Caran d’Ache ?

C’est une institution ! Ce serait une aberration d’utiliser autre chose, c’est surtout incontournable avec les enfants. Moi, généralement je dessine avec des feutres aux pointes dures professionnelles qui n’existent pas chez eux. 

Et après « Une histoire d’hommes », BD pour adultes sortie en septembre 2013, aux éditions Rue de Sèvres, quels sont vos projets ?

La suite de « Happy Sex », paru aux Editions Delcourt en 2009, « Happy Parents », sur les rapports parents / enfants, des BD réservées aux adultes. Je travaille encore dessus, l’album sortira en octobre 2014. Au départ c’est toujours une sortie francophone, avec une traduction en 2 ou 3 langues au début. Après, on verra.

En savoir plus sur Zep ? www.zeporama.com

 

 

 

2 réflexions sur “Ma rencontre avec Zep, le père de Titeuf

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