Pourtant c’était hier

Pourtant c’était hier.
J’étais dodue avec de grosses joues et j’avais forcé ma maman à rester allongée presque tout le temps.
 
Puis j’ai eu des couettes. Sur la tête. Longtemps.
Je ne me laissais pas faire
J’aimais bien bouder
En même temps je faisais rire tout le monde.
J’avais des cols claudine, des robes à smocks et des grosses lunettes en plastique.
Je ne trouvais rien de grave,
Je voyais déjà le verre (ou le sac de billes) à moitié plein.
Je m’inventais des histoires durant des heures, même un crayon et une gomme pouvaient dialoguer.
J’étais déjà partante pour une dernière danse et me coucher tard.
Je jouais de la musique.
Je chantais, beaucoup.
Je dessinais, tout le temps.
 
À peine le temps de dire ouf et j’avais un cœur d’artichaut, des bandanas, des pulls manches chauve-souris, des pin’s plein la salopette en jean délavé et des bagues plein les dents. J’étais super fière dans ma doudoune Naf Naf et je souriais bêtement aux garçons en doudoune Chevignon.
Je lisais des poèmes
J’écrivais des poèmes
Je chantais et dessinais encore et encore.
 
En un claquement de doigt le lycée a succédé au collège, de paria je suis devenue populaire.
J’avais des fous rires en classe comme on n’en fait plus.
Les Rangers et les Docs Martens avaient remplacé les chaussures vernies.
Dans mon Walkman, Metallica avait remplacé Madonna.
 
En un battement de cils je griffonnais sur les bancs de la Catho puis de la Sorbonne,
Et l’Amour, le vrai, est entré dans ma vie pour ne plus en sortir.
Il s’est même multiplié.
Je suis devenue Tata, enfin Titi.
 
J’ai détesté mon premier métier.
J’ai adoré le deuxième.
Tout cela c’était hier.
Ou peut-être avant-hier finalement.
Je n’en reviens pas mais aujourd’hui j’ai 40 ans.
Un tas de bonheur et quelques blessures sur le cœur, des êtres chers en moins à mes côtés,
Des cicatrices qui me valent d’être en vie,
Des cicatrices qui me valent d’être maman,
Des cicatrices pour me rappeler de ne plus faire de photos à vélo tout en roulant, même à L.A…
Auprès de moi deux amours pour qui je donnerais ma vie,
Et un grand depuis plus de 20 ans,
Plus de la moitié de ma vie.
 
Des amis de plein d’horizons,
Des amis de très très longues dates et des amis d’hier qui le seront demain.
Des indispensables.
Je ne sais pas vous, mais moi j’ai des amis extraordinaires 😉
 
Le chemin n’était pas toujours droit
Ni sans embûche,
Peu importe les arrêts, la météo et la circulation, je suis passée par là où je devais passer,
Je suis arrivée où je devais arriver.
Et je continue ma route joyeuse et sereine.
 
Mille mercis à ceux et celles qui m’ont accompagnée pour une ou toutes les étapes de ces 40 dernières années et dont un grand nombre j’en suis sûre m’accompagnera sur les suivantes comme je les accompagnerai aussi.
 
Et déjà mes artères m’envoient des textos pour me dire de me mettre au yoga, d’assumer mon caddie à roulettes même devant mon voisin-beau-gosse-ex-de-Pippa Middleton. Mais de cesser une bonne fois pour toute de faire référence à Punky Brewster pour laisser un doute raisonnable sur mon âge et sa chance au produit  ^_^
 
Allez, c’est reparti pour 40 ans minimum…

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